Mise en œuvre de la ZLECAF : la liste d’engagements spécifique du Togo passée en revue

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Table d’honneur (on reconnaît 2ème à droite), M. Claude Talime Abé, Directeur Général du Commerce
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Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation Locale avec l’appui de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a démarré ce 9 août 2022, à Lomé, un atelier national de révision des listes d’engagements spécifiques du Togo dans les cinq secteurs prioritaires de services de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAF).

Signée le 21 mars 2018 à Kigali, la Zone de Libre Échange Continentale africaine (ZLECAF), un accord historique par 54 Etats signataires dont 43 ayant déposé leurs instruments de ratification, a été revisitée pour répondre aux exigences régionales. La consultation de la liste d’engagement spécifique du Togo dans les cinq secteurs prioritaires de services a débuté ce mardi 09 août à Lomé. Cette rencontre permettra de procéder à la révision de la liste d’engagements spécifiques du Togo et d’informer les acteurs sur les engagements spécifiques des autres Etats membres de la ZLECAF dans les cinq secteurs prioritaires.

Selon les résultats du rebasage du Produit Intérieur Brut (PIB) au Togo avec le nouveau système de comptabilité nationale, le secteur des services contribue entre 40% et 43% du PIB et occupe une place prépondérante dans la création de la richesse nationale et de l’emploi. Pour dynamiser le commerce des services et permettre aux opérateurs économiques d’accélérer le développement de leurs activités, les Etats membres de la ZLECAF ont convenu de prendre des engagements spécifiques.

A cet effet, le gouvernement togolais a, en 2020, organisé une consultation nationale avec les acteurs des cinq secteurs prioritaires à savoir : services financiers ; services de transports ; services relatifs au tourisme et aux voyages ; services de communication ; et services fournis aux entreprises pour prendre en compte leurs préoccupations dans l’élaboration de la liste d’engagements spécifiques du Togo. Cette liste intégrée à la liste commune de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est transmise au Secrétariat de la ZLECAF, qui a procédé à l’analyse des offres de la CEDEAO et a formulé des observations dont certaines concernent l’offre du Togo.

C’est pour répondre aux préoccupations soulevées par le Secrétariat de la ZLECAF et les Etats membres que le Togo a sollicité et obtenu de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) un appui pour organiser cet atelier national qui a démarré ce jour avec les acteurs des services de communication.

En ouvrant les travaux, le directeur général du Commerce, représentant le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation Locale, M. Claude Talime Abé, a fait savoir que le commerce des services couvre une grande gamme variée d’activités et contribue de façon significative à la création de la richesse.

Selon lui, la libéralisation des services se justifie par les avantages qui en découlent du fait qu’elle permet aux pays de s’ouvrir aux meilleures pratiques internationales, aux meilleures compétences et technologies ainsi qu’à l’investissement en capital.

« En effet, l’ouverture des marchés aux fournisseurs de services étrangers garantit les prix les plus bas, un plus grand choix, une innovation plus rapide et une meilleure productivité. Elle contribue à la création de nouveaux emplois par l’implantation de nouveaux fournisseurs de services. Elle améliore aussi la compétitivité des pays en fournissant le développement des secteurs de services nationaux compétitifs. La libération du commerce des services permet également une mobilité accrue des personnes et des capitaux étant entendu que l’échange de services peut donner lieu au déplacement du fournisseur effectif, voire du consommateur », a-t-il signifié. Cependant, M. Abé a fait remarquer que la libéralisation n’a pas que des avantages. Elle peut entrainer aussi d’importants risques surtout pour les petites économies à l’instar de celles des pays les moins avancés comme le nôtre. En effet, l’ouverture du marché des services se traduira par une forte concurrence entre les fournisseurs de services pouvant entrainer l’éviction de certains fournisseurs nationaux de services, a-t-il relevé. Le directeur général du commerce, a par ailleurs, ajouté qu’on peut assister à la réalisation de profits excessifs et leur rapatriement par les fournisseurs privés étrangers sans oublier la fuite des cerveaux liée à l’ouverture des marchés permettant la circulation des professionnels ou des ouvriers qualifiés.

« Quand on dit révision, c’est qu’il y a eu une première étape. Cette première étape a consisté à l’élaboration de la liste d’engagement spécifique du Togo. Les Chef d’Etat ont décidé d’opérationnaliser la ZLECAF le 1er janvier 2021. L’enjeu est de libéraliser le commerce des marchandises. Les Chefs d’Etat ont voulu que cette libéralisation se fasse de façon progressive. A cet effet, ils ont décidé de libéraliser dans un premier temps cinq secteurs notamment le service des transports, les services de communication, les services financiers, les services fournis aux entreprises et les services relatifs aux tourismes. Pour y arriver, il va falloir que chaque Etat élabore sa liste d’engagement et spécifique. Le Togo après avoir élaboré sa liste l’a transmise à la CEDEAO. Pareil pour les autres États. La CEDEAO a compilé et a envoyé au Secrétariat de la ZECLAF. Le secrétariat a procédé ensuite à la vérification. Ces listes ont été renvoyées à tous les Etats. Chaque pays doit à présent veiller à la révision de sa liste en tenant compte des observations formulées. C’est cet exercice qui débute aujourd’hui avec le secteur de la communication », a expliqué Batchassi Katchali, Directeur du commerce négociateur en Chef du Togo du ZLECAF.

Au nom du Système des Nations Unies, le Représentant-Résident adjoint du PNUD au Togo, M. Mactar Fall a, exprimé ses sincères remerciements au gouvernement, et en particulier le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation Locale pour l’organisation de cet important atelier. Il a, à cet effet, rappelé que le 21 mars 2018, dans le cadre de la 10ème Conférence extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine (UA), tenue à Kigali au Rwanda, cinquante-quatre (54) pays africains ont apposé leurs signatures sur l’Accord portant création de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAF). « La ZLECAF constitue une réponse efficace, face aux défis transformationnels des pays et à la régionalisation des modes de production et de consommation en faveur de l’Agenda 2063 », a indiqué M. Mactar Fall.

L’atelier se poursuivra avec les acteurs des quatre autres services jusqu’à vendredi.

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