La 6e édition du Forum africain sur l’état de la justice transitionnelle s’est ouverte à Lomé

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Lomé accueille depuis, le mercredi 7 septembre 2022, la 6e édition du Forum africain sur l’état de la justice transitionnelle. La rencontre, organisée par le Département des affaires publiques, de la paix et de la sécurité sociale de la commission de l’Union Africaine et le Centre d’Études sur la Violence et la Réconciliation pour la collaboration avec le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au renforcement de l’unité, (HCRRUN-Togo), est axée sur le thème, « Justice transitionnelle et capital social en Afrique ». Elle réunira, pendant trois jours, des universitaires, des chercheurs, des praticiens, des décideurs politiques, des représentants de la société civile et des confessions religieuses.

Le département des Affaires politiques, paix et sécurité de la Commission de l’Union africaine et le Centre d’études sur la violence et la réconciliation (CSVR) en collaboration avec le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) tiennent, du 7 au 9 septembre à Lomé, la 6e édition du forum continental sur la Justice transitionnelle (JT), sous le thème « Justice transitionnelle et capital social en Afrique ». Le ton des travaux a été officiellement donné par le ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la Citoyenneté et des Relations avec les institutions de la République, Dr Christian Eninam Trimua, en présence de plusieurs personnalités.

Ce forum va explorer les pistes permettant de consolider le capital humain et social dans une Afrique appelée à construire des sociétés plus paisibles et respectueuses des droits humains malgré les menaces qui se dressent devant les Etats africains. Ce rendez-vous international réunit des Etats membres de l’UA, des organes de l’UA, des universitaires, des chercheurs, des praticiens, des décideurs politiques, des représentants d’organisations de la société civile et d’autres participants travaillant sur les questions de justice transitionnelle en Afrique.

Dans l’agenda de cette édition, des thèmes comme la justice transitionnelle, sécurité alimentaire et transformation socio-économique en Afrique, les transitions émergentes et changements de pouvoir ainsi que leur rôle dans le développement et la transformation sociale seront abordées. Il est aussi inscrit dans le programme d’autres thématiques telles que « Dimensions Genre de l’insécurité et Justice Transitionnelle (insécurité politique, sociale, alimentaire et économique), Rôle de la jeunesse dans les transitions, Justice Transitionnelle et transformation sociale, Changements climatiques, justice environnementale et justice Transitionnelle ; Participation des groupes marginalisés dans la Justice Transitionnelle (personnes âgées,personnes handicapées,réfugié)  Mémoriel, Mécanismes régionaux et Justice Transitionnelle (leurs rôles dans le règlement des conflits transfrontaliers) ».

Cette sixième édition du forum continental entend examiner dans quelle mesure les processus de JT ont (ou n’ont pas) intégré les initiatives susmentionnées pour garantir et construire l’Afrique conformément au thème de l’année de l’UA et à l’agenda 2063. Elle vise également à évaluer l’application et l’applicabilité de la JT pour répondre aux défis et crises émergents tels que la COVID-19, les changements climatiques, les conflits intra et transfrontaliers qui, constituent tous une menace pour la résilience des populations africaines, leur sécurité alimentaire et leur développement socio-économique. Ce rendez-vous se veut aussi la gestion des idées pratiques sur la manière de mettre en œuvre la Politique de la justice transitionnelle de l’Union africaine (PJT-UA), l’étude sur les droits de l’homme et des peuples en Afrique afin de relever les défis existants et en cours ainsi que les nouvelles menaces pour la paix et la démocratie en Afrique.

En lançant les travaux, M. Christian Trimua, ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la Citoyenneté, des Relations avec les Institutions de la République, porte-parole du gouvernement a relevé que comme toutes les nations en construction, les pays africains s’efforcent depuis la décennie des indépendances à consolider le sentiment national au sein de leurs peuples. Mais, a-t-il poursuivi, cette œuvre se heurte au poids des pesanteurs endogènes et exogènes, en particulier aux effets pervers des violations des droits humains dont les conséquences néfastes sur les efforts de développement sont connues de tout le monde.

Le ministre a ajouté que c’est pour inverser cette tendance, conjurer les violations des droits humains et aller vers un avenir plus partagé et respectueux des principes démocratiques que les Etats africains ont décidé d’adosser aux initiatives existantes, de « nouveaux mécanismes d’apaisement sociopolitique connues sous le vocable de justice transitionnelle ». Il a conclu que « l’ultime objectif de ces outils est de ramener la paix, susciter la réconciliation et le bien-être social et de favoriser la gouvernance démocratique dans les sociétés marquées par des déchirures profondes et douloureuses ».

La présidente de HCRRUN, Awa Nana-Daboya dans son mot de circonstance a affirmé que le Togo en matière de Justice Transisitionnelle, a placé la victime au centre de son processus sans jamais reléguer les questions d’impunité, de réformes politiques, institutionnelles et administratives au dernier plan et sans esquiver les mesures visant la non répétition des violations des droits humains. Inspiré par le contexte national, a-t-elle dit, ce choix de justice transitionnelle togolais qui s’est avéré payant a permis au Togo de jouir d’un climat sociopolitique apaisé qui se consolide chaque jour malgré les défis émergents. « Notre pays, en cette matière, a placé la victime au centre de son processus sans jamais reléguer les questions d’impunité, de réformes politiques, institutionnelles et administratives au dernier plan et sans esquiver les mesures visant la non-répétition des violations des droits humains. Inspiré par notre contexte national, ce choix de justice transitionnelle togolais qui s’est avéré payant, a permis à notre pays de jouir d’un climat sociopolitique apaisé qui se consolide chaque jour malgré les défis émergents. Et c’est à raison que certains spécialistes estiment que malgré les défis qui demeurent, le processus de justice transitionnelle du Togo reste l’un des mieux agencés et des plus aboutis et des plus aboutis du continent, ce qui justifie le choix porté sur le Togo pour abriter la présente rencontre », a-t-elle indiqué.

Le commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité de l’UA, l’ambassadeur Bankole Adeoye, Dr Solomon Derson de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (par visioconférence) et le président du conseil d’administration du CSVR, Tefo Raditapole, ont indiqué que la pauvreté, l’inégalité et le sous-développement pourraient ne pas nécessairement être à l’origine des conflits armés et des violations des droits de l’homme, mais peuvent être des facteurs qui y contribuent ou les favorisent. En outre, soutiennent-ils, les conflits armés et l’autoritarisme ainsi que les catastrophes humanitaires et les violations massives des droits de l’Hommes qui les accompagnent souvent, peuvent avoir un impact extrêmement négatif et durable sur le développement. Par conséquent, ont-ils indiqué, la justice transitionnelle est souvent mise en œuvre dans un contexte d’institutions économiques et sociales sévèrement affectées et sous-développées, de pénurie généralisée de ressources ce qui met à mal la cohésion sociale au sein des groupes sociaux. « L’Union africaine a déclaré 2022 comme étant l’année du « Renforcement de la résilience en matière de nutrition et de sécurité alimentaire sur le continent africain : Renforcement des systèmes agroalimentaires, des systèmes de santé et de protection sociale pour l’accélération du développement du capital humain, social et économique ». Pour la justice transitionnelle en Afrique, le thème de l’UA pour 2022 est l’occasion d’aborder les préoccupations liées au développement et à la justice, étant donné que la majorité des conflits armés surviennent aujourd’hui dans des pays faibles », a rappelé le Commissaire aux Affaires Politiques, Paix et Sécurité de la Commission de l’UA.

Le forum sur la justice transitionnelle se tient chaque année après la réunion inaugurale en 2017, en tant que plate-forme d’interaction et de bilan de l’état de la JT en Afrique, afin d’identifier et discuter des questions qui nécessitent une étude plus approfondie. Cette année, le thème de l’UA pour 2022 offre l’occasion d’aborder les préoccupations interconnectées du développement et de la justice, car la majorité des conflits armés se produisent aujourd’hui dans des pays à faible niveau de développement.

 

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