Nécessité de prolonger le contrat du COMATAO pour renforcer la santé animale dans l’espace CILSS / CEDEAO

by Fana KADOASSO
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La pandémie de la Covid 19, l’exacerbation de l’insécurité civile, les fermetures des frontières terrestres et les sanctions politiques de la CEDEAO infligées au Mali n’ont pas facilité le déroulement des activités initialement prévues pour le compte de la composante 4 du PREDIP. Toutefois, des discussions sont en cours avec les partenaires au développement pour obtenir une extension. C’est ce que l’on peut retenir de la présentation de Dr Brice LAFIA (photo), coordonnateur du COMATAO/PREDIP faite à Lomé le 11 octobre dernier au cours de la 7ème réunion du Comité technique du projet.

Le COMATAO est l’abréviation du projet de contrôle des maladies animales en Afrique de l’ouest et constitue la composante 4 du PREDIP. Il est mis en œuvre par le centre régional de santé animale de la CEDEAO basé à Bamako au Mali.

L’objectif de ce projet est de veiller à la mise en place d’un système de surveillance des principales maladies animales dans la zone. Etant donné que les maladies n’ont pas de frontières et étant dans un contexte de transhumance, il faudrait veiller à ce que l’éleveur, où qu’il se trouve dans l’espace CEDEAO et plus précisément dans l’espace des huit pays COMATAO, puisse rencontrer la vaccination quelque part. Pour ce faire, le projet travaille à harmoniser le calendrier des campagnes de vaccinations. Ainsi, l’éleveur lorsqu’il quitte un pays sahélien pour un pays côtier, au cas où il n’arrive pas à vacciner ses animaux dans le pays de départ, il doit pouvoir le faire dans les pays côtiers qui l’accueillent. “Ça c’est un gros défi qu’on a dans l’espace et nous travaillons à travers le COMATAO à faire cette harmonisation des campagnes“, a indiqué Dr LAFIA.

Une autre chose, “quand vous allez dans nos marchés à bétail, vous verrez n’importe qui en train de vendre des médicaments vétérinaires. Ces médicaments vétérinaires ne sont pas forcément de qualité et même s’ils le sont, ils ne sont pas administrés par la bonne personne. En termes de dose ou de fréquence d’administration, ça peut pécher ! ce qui fait que le traitement bien qu’il soit fait, il peut ne pas être efficace. Précisons que les antibiotiques administrés aux animaux sont les mêmes en termes de principe actif que vous et moi nous prenons en cas de maladie. C’est la dose qui diffère et est fonction du poids. Quand on traite un animal avec un antibiotique et qu’on ne respecte pas le délai d’attente, et qu’on abat cet animal. Lorsque vous et moi le consommons, nous devenons des consommateurs passifs d’antibiotique. Le jour où on va être malade et qu’on nous administre ce même antibiotique, il ne nous soignera pas. On appelle cela la résistance aux antibiotiques“, a expliqué Dr LAFIA.

En outre, le COMATAO travaille à aider les pays à revisiter leur réglementation en termes de médicaments vétérinaires et voir dans quelle mesure cette réglementation est appliquée, et relever les gaps constatés dans la mise en œuvre de cette réglementation. Le COMATAO travaille avec le Togo pour se mettre à jour et sensibiliser les populations sur la bonne utilisation des médicaments vétérinaires.

Des acquis non négligeables

Avec le financement du COMATAO, le centre spécialisé en santé animale (CRSA) de la CEDEAO a pu mettre en place une stratégie de traçabilité et d’identification des animaux. Pour caricaturer c’est un système ressemblant un peu au système d’immatriculation des véhicules. Grâce à des codes, le pays de provenance de l’animal sera connu. Un processus d’identification des éleveurs est en cours. Cette innovation va contribuer à lutter contre le vol d’animaux.

Le COMATAO a eu le mérite d’avoir conduit une évaluation de la situation épidémiologique de référence pour les maladies animales transfrontalières y compris les zoonoses et l’élaboration d’une stratégie régionale de lutte contre les zoonoses ; la mise en place d’une plateforme virtuelle de communication collaborative en santé animale ; et l’élaboration d’une stratégie régionale de la santé et le bien-être animal.

L’espace CILSS/CEDEAO, une zone encore vulnérable aux maladies animales

L’espace CILSS/CEDEAO enregistre plusieurs types de maladies et les principales concernant les ruminants sont la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse qui sont deux maladies transfrontalières majeures pour lesquelles l’ensemble des pays de la CEDEAO se sont engagés à mener une lutte. L’une pour le contrôle et l’autre pour l’éradication à l’horizon 2030. En dehors de ces deux principales maladies, la fièvre aphteuse est aussi une affection majeure et attaque surtout les bovins. Tous les pays de l’espace ne sont pas au même niveau de lutte et de stratégies. Bien que le CRSA à travers le COMATAO travaille avec les pays pour mieux maîtriser la lutte contre ses maladies, l’espace reste vulnérable.

Une phase additionnelle ?

Des discussions sont en cours avec l’Union Européenne pour une extension devant aboutir à une prolongation de la durée non seulement du contrat de la composante 4 mais aussi pour les composantes 1 ; 2 et 5. Cette extension est motivée par les difficultés rencontrées, des retards au démarrage, l’insécurité dans des pays, etc.

Toutes les parties ont intérêt à ce que l’extension se fasse puisqu’elle permet d’atteindre les objectifs de départ“, a précisé le coordonnateur du COMATAO.

                                                                                                           Andy

 

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