Afidenyigban/Amou : L’Association Racine Féminine à la quête des approches de solutions contre les violences et les grossesses précoces des jeunes filles en milieu rural

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Contribuer à l’épanouissement du genre féminin en apportant la joie aux femmes et filles démunies et faire la promotion globale de la femme africaine en participant à la protection et l’épanouissement de la jeune fille africaine en général et surtout celle togolaise plus particulièrement en milieu scolaire et rural, telles sont les missions régaliennes de l’Association Racine Féminine.

Toujours dans sa tâche d’être à l’écoute et d’être plus proche des femmes et jeunes filles du monde rural, une délégation de l’ARF a tenu une séance de sensibilisation sur la Lutte contre le mariage des enfants, la violence sous toutes ses formes sur les enfants surtout en cette période de la pandémie au COVID-19 et  sur  les conséquences néfastes des grossesses précoces des jeunes filles en milieu scolaire à l’endroit des femmes et  jeunes filles du village d’Afidenyigban, localité située à 10km du chef-lieu de la commune Amou 3 dans la préfecture d’Amou le mercredi 07 octobre 2020.

Les grossesses précoces des jeunes filles en milieu scolaire restent une réalité dans plusieurs préfectures au Togo et plus particulièrement dans l’Amou, surtout en cette période de crise sanitaire imposée par la maladie à Coronavirus, où les jeunes élèves et apprentis (filles comme garçons) restés à la maison, se sont plus adonnés à la pratique incontrôlée des rapports sexuels ou ont été victimes d’abus sexuels. Consciente de cette réalité qui retarde non seulement le développement de l’Amou, mais aussi et surtout l’évolution des jeunes filles et garçons de la localité qui sont la relève de demain, l’Association Racine Féminine a jugé bon de tenir une journée de sensibilisation avec les populations du village d’Afidenyigban et quelques curieux des villages avoisinants sur les phénomènes auxquels, elle compte trouver de solutions avec le concours de ses parents.

La délégation a eu à échanger dans un premier temps avec les parents sur les principales causes et les approches de solutions des grossesses précoces des jeunes filles en milieu scolaire, et ensuite  sur le constat d’un taux élevé des grossesses précoces dans le milieu en cette période à COVID-19 et sur les violences faites à l’endroit de ses enfants au moment où les écoles fermées et qu’ils sont beaucoup plus sous l’œil attentif des parents à la maison dans le Village.La violence à l’encontre des enfants a toujours été omniprésente, et la situation est maintenant alarmante. En raison du confinement, de la fermeture des établissements scolaires et de la restriction des déplacements, beaucoup  d’enfants ont dû rester avec les personnes qui les maltraitent et n’ont pas pu aller à l’école, où ils auraient été normalement à l’abri.

D’après les femmes, multiples sont les causes à l’origine de de ces fléaux. Certaines femmes ont accusé les hommes, leurs maris de la fuite de responsabilité dans l’éducation de leurs enfants. Pour d’autres, les enfants d’aujourd’hui sont récalcitrant(e)s et ne veulent pas écouter les conseils de leurs parents et préfèrent se fier à l’éducation de la société. D’autres encore, pensent que leurs conditions de précarité aussi sont à la base des grossesses précoces des jeunes filles tant en milieu scolaire qu’au cours de la crise sanitaire que traverse le pays tout entier en cette période où ils se sont tous retrouvés à la maison au moment où pour lutter contre la propagation de la maladie à Coronavirus, les autorités avaient jugé utile de fermer les écoles et autres..

«La grossesse précoce des jeunes filles en milieu scolaire est une maladie à qui nous devons trouver un remède », a fait savoir la représentante de la présidente de l’ARF.  Pour elle, les femmes doivent jouer un rôle primordial dans l’éducation de leurs enfants, surtout les filles, raison pour laquelle elle les a exhortées à plus d’ardeur et de rigueur face aux phénomènes de grossesse précoce, d’abus sexuels durant la période au COVID-19, de mariage forcé qui entrave les efforts des parents. Citant un écrivain africain, « nos meilleures graines et nos champs les plus chers ce sont les enfants que nous envoyons à l’école ».,elle a fait ressortir l’importance que les parents gagnent en envoyant leurs filles à l’école.

Elle a également transmis les messages de la présidente de l’ARF à ses parents à faire de leurs enfants, leurs frères, leurs sœurs et leurs amis. Ceci, va leur permettre de pouvoir bien échanger entre eux pas comme parent et fille ou fils, mais comme frère et sœur, ou encore comme ami et ami. Ça permet de briser les barrières entre Parents et enfants et à y établir une confiance, de façon à ce que chacun de son côté ne souffre plus de timidité ou de peur à  aborder tous les sujets avec son prochain ou mieux encore aux enfants de confier leurs secrets à leurs parents. Il urge qu’une bonne communication naisse entre parents et enfants pour que le village d’Afidenyigban devienne un exemple en terme de lutte contre la violence faite sous toutes formes à l’endroit des jeunes filles dans la préfecture de l’Amou et pourquoi pas sur le plan national ; « On est maman et papa à vie. Même quand les enfants vont se marier un jour, vous allez continuer toujours par leur donner des conseils », a-t-elle insisté. Les parents doivent veiller au bien-être de leurs enfants en cette période car bientôt les portes des écoles vont réouvrir leurs portes et il est impérieux que tous les enfants retrouvent leur droit à l’éducation dans de meilleures conditions et en bonne santé.

Le Chef du village d’Afidenyigban, Yassa AKPARO a exprimé toute sa gratitude à l’Association Racine Féminine et toutes ses partenaires à travers la délégation pour cette initiative très louable, et à profiter leur soumettre les doléances à lui et ses administrés par la même occasion en lançant un cri d’appel pour un appui financier et technique dans l’optique de construire un bâtiment scolaire adéquat et équipé à leurs enfants doté d’une cantine-scolaire, les mettant à l’abri des intempéries climatiques, et pour motiver leurs enfants surtout les jeunes filles à prendre goût à l’école, à la réalisation d’infrastructures sanitaires et hydrauliques dans leur communauté. Il a rassuré qu’ils vont mettre en pratique ces utiles conseils pour le devenir de leurs enfants.

Prenant la parole au nom des jeunes filles scolarisées de la localité, Esther AFALETCHA, unique élève fille en classe de terminale A4, de la localité a remercié l’Association Racine Féminine et a plaidé pour une implication plus accrue des responsables de ladite structure dans l’éducation de la jeune fille dans son milieu car nombreuses sont elles à avoir débuté ensemble les cours primaires mais face à de multiples défis, bon nombre sont devenues mamans par la force des choses… Et ça lui fait mal quand elle voit les innombrables projets élaborés et mis en œuvre par  les autorités de la nation togolaise de nos jours à l’endroit du Genre et que dans sa localité, aucunes répercussions de cette lutte ne se fait ressentir. Elle demande à l’ARF de ne pas se fatiguer, mais d’accompagner ses sœurs et elle, dans ce combat qu’elles mènent (droit à l’éducation et non aux diverses violences sous toutes ses formes) pour leur bien-être et celui de la patrie, l’Or de l’humanité…

Plusieurs messages ont été lancé par les jeunes filles à l’endroit de l’Association Racine Féminine tels que : « Je veux  aller à l’école étudier et devenir docteur, aider moi, association racine féminine » ou encore « Dites à mes parents de ne plus m’imposer les travaux champêtres. Je veux aller à l’école« , afin qu’elle vole à leur secours.

Au-delà de la question relative aux grossesses précoces en milieu scolaire, aux violences faites aux jeunes filles et au mariage forcé, la délégation a sensibilisé les parents et enfants sur la pandémie au Coronavirus (COVID-19) qui a déjà fait 49 morts au Togo depuis la confirmation du 1er cas positif le 6 mars 2020 et les a exhortés à toujours respecter scrupuleusement les mesures barrières décrétées par le gouvernement, dans la lutte contre la propagation du Coronavirus.

La COVID-19 a bouleversé la vie des enfants et des familles du monde entier. Bien que nécessaires, les mesures de  fermeture d’écoles ou les restrictions de déplacements ont perturbé les habitudes des enfants et déstabilisé leurs structures de soutien.

                                                                                                Jean-Marc Ashraf

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